Baie de Somme

Baie de Somme : 10 lieux d’exception à explorer

Mes 10 lieux d’exception en Baie de Somme : la cité médiévale de Saint-Valery-sur-Somme d’où Guillaume le Conquérant embarqua en 1066, la station plein sud du Crotoy, le parc ornithologique du Marquenterre, la pointe de galets du Hourdel et ses phoques, les planches et cabines de Cayeux-sur-Mer, le petit train à vapeur du CFBS, la chapelle du Saint-Esprit de Rue, les villas Belle Époque de Mers-les-Bains, la plus grande colonie de phoques veaux-marins de France, et la réserve naturelle qu’on surnomme la Camargue du Nord.

La Baie de Somme, je la garde comme un secret que j’ai envie de partager. Après mes années passées à courir les vignobles, j’ai retrouvé ici une France plus lente, faite de ciels immenses, de vasières argentées et de villages qui sentent la crevette grise et le vent du large. C’est le plus grand estuaire du nord de la France, membre du club des plus belles baies du monde depuis 1999 et Grand Site de France : autant vous dire que le décor est à la hauteur.

Je vous emmène dans dix lieux que j’aime pour de vraies raisons : leur patrimoine, leur lumière, ce qu’on y ressent une fois la voiture garée. Certains sont des cités chargées d’histoire, d’autres de simples pointes de galets où l’on vient guetter les phoques. Voici ma sélection, en toute subjectivité.

Lumière du jour
Calcul de la meilleure lumière...

La plus belle lumière pour les photos arrive autour du lever et du coucher du soleil (la golden hour). Données Open-Meteo, indicatives.

Mes 10 lieux d’exception

1. Saint-Valery-sur-Somme

La Porte Guillaume et ses tours médiévales à l'entrée de la ville haute de Saint-Valery-sur-Somme, en Baie de Somme

© Gzen92, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

C’est ma porte d’entrée dans la baie. Saint-Valery-sur-Somme aligne une ville basse le long du quai et une ville haute fortifiée, ceinturée de remparts et gardée par deux portes, la Porte Guillaume et la Porte de Nevers. C’est d’ici que, fin septembre 1066, Guillaume le Conquérant embarqua sa flotte après avoir attendu des vents favorables, avant de conquérir l’Angleterre. J’aime flâner sur le quai au coucher du soleil, puis grimper dans les ruelles de la ville haute jusqu’à la chapelle des marins. À voir : la ville haute et ses portes, le quai animé, la chapelle Saint-Valery. Accès : par la D3 depuis Abbeville, parkings à l’entrée de ville.

2. Le Crotoy

La ville du Crotoy et son port vus à travers la Baie de Somme à marée basse

© Railwayfan2005, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Crotoy a un privilège rare sur cette côte : c’est la seule station de la baie dont la plage est exposée plein sud, un vrai bonheur pour attraper le soleil. Le village a aussi ses lettres de noblesse. Jules Verne y a vécu plusieurs années dans une maison baptisée La Solitude, où il a écrit une partie de Vingt Mille Lieues sous les mers. Aujourd’hui, on y vient pour le port de pêche à la crevette grise et les terrasses face à l’eau. À voir : la plage plein sud, le port, les maisons de bord de mer. Accès : par la D940, à une dizaine de kilomètres de Rue.

3. Le parc du Marquenterre

Les étangs et les oiseaux du parc ornithologique du Marquenterre, sur la bordure nord de la Baie de Somme

© Stefi123, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Si vous aimez les oiseaux, le Marquenterre est un incontournable. Ce parc ornithologique de 200 hectares, ouvert au public en 1973 sur d’anciennes cultures florales, s’étend sur la bordure nord de la baie, à Saint-Quentin-en-Tourmont. Il sert d’escale majeure sur la route de migration entre la Sibérie et l’Afrique du Nord-Ouest : selon la saison, on y observe cigognes blanches, spatules, avocettes ou grandes volées de limicoles. Prenez le temps, jumelles au cou, de suivre l’un des parcours balisés entre dunes et lagunes. À voir : les observatoires, les spatules au printemps, les cigognes. Accès : à Saint-Quentin-en-Tourmont, fléché depuis Rue et Le Crotoy.

4. Le Hourdel

La pointe de galets du Hourdel et son phare blanc, à l'entrée de la Baie de Somme

© Nicolas Fressengeas, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Le Hourdel, c’est la pointe qui ferme la baie au sud, un long cordon de galets qui s’allonge lentement vers le nord depuis près d’un siècle. Son petit phare blanc et son port de pêche donnent au lieu un air de bout du monde que j’adore au petit matin. C’est surtout le meilleur poste d’observation de la plus importante colonie de phoques veaux-marins de France, qui se repose sur les bancs de sable à marée basse. À voir : le phare, la pointe de galets, les phoques à la longue-vue. Accès : par Cayeux-sur-Mer et Lanchères, parking près du port.

5. Cayeux-sur-Mer

Les cabines de plage colorées le long du chemin de planches de Cayeux-sur-Mer, en Baie de Somme

© Zairon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Cayeux, c’est la carte postale balnéaire de la baie. Sa promenade sur planches, longue de 2 kilomètres et bordée d’environ 400 cabines colorées, est considérée comme la plus longue d’Europe : rien que pour la longer au soleil couchant, le détour vaut le coup. La plage est ici faite de galets, roulés et polis par la Manche. Un peu plus au sud, le phare de Brighton, haut de 28 mètres et remis en service en 1951, veille sur la côte. À voir : les planches et leurs cabines, le phare de Brighton, la plage de galets. Accès : par la D102 depuis Saint-Valery.

6. Le petit train à vapeur du CFBS

Locomotives à vapeur historiques du Chemin de fer de la Baie de Somme au dépôt de Saint-Valery-Canal

© Didier Duforest, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Voici l’attraction qui ravit petits et grands. Le Chemin de fer de la Baie de Somme (CFBS) fait revivre un réseau de 27 kilomètres à voie métrique, sauvé par une association créée le 13 mars 1970. Ses locomotives à vapeur soufflantes relient Le Crotoy, Noyelles, Saint-Valery et Cayeux, longeant les mollières au rythme d’un autre siècle. Je vous conseille de choisir une rame tractée en vapeur (et non en diesel) et de vous installer côté baie. À voir : le départ en vapeur, la gare historique de Saint-Valery, le viaduc sur la Somme. Accès : gares de Noyelles, Le Crotoy, Saint-Valery et Cayeux.

7. Rue et sa chapelle du Saint-Esprit

La chapelle du Saint-Esprit de Rue, joyau du gothique flamboyant picard, près de la Baie de Somme

© JackyM59, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

À quelques kilomètres de la côte, Rue cache un trésor. La chapelle du Saint-Esprit, bâtie entre 1440 et 1515, est un véritable bijou de gothique flamboyant picard, élevée pour accueillir les pèlerins venus vénérer un crucifix miraculeux arrivé par bateau en 1101. Rue fut d’ailleurs un port de mer prospère avant que l’ensablement ne l’éloigne du rivage : la ville se retrouve aujourd’hui à l’intérieur des terres. Ne manquez pas son beffroi, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2005. À voir : la chapelle et ses voûtes sculptées, le beffroi. Accès : par la D32, entre Abbeville et Le Crotoy.

8. Mers-les-Bains

Les villas Belle Époque aux façades polychromes de Mers-les-Bains, au sud de la Baie de Somme

© Gzen92, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Un peu au sud de la baie, Mers-les-Bains mérite l’arrêt pour son front de mer unique. Face au Tréport, la station a gardé tout un quartier de villas Belle Époque à l’architecture verticale : façades étroites mais hautes, balcons ouvragés, bow-windows et céramiques colorées, pensées pour capter la vue sur la mer. Le tout se détache sur de hautes falaises de craie d’environ 95 mètres. J’aime remonter la digue-promenade en détaillant les noms et les décors de chaque maison. À voir : le quartier balnéaire protégé, les falaises, la vue sur Le Tréport. Accès : par la D1015, gare du Tréport-Mers à deux pas.

9. Les phoques veaux-marins

Deux phoques veaux-marins dans les eaux de la Baie de Somme

© Ibex73, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Ce sont les stars de la baie, et un vrai émerveillement. La Baie de Somme abrite la plus grande colonie de phoques veaux-marins de France, rejointe par des phoques gris présents toute l’année. À marée basse, ils se hissent en groupe sur les bancs de sable pour se reposer, puis repartent nager quand la mer remonte. On les observe le mieux depuis la pointe du Hourdel, à la longue-vue. Règle d’or : gardez vos distances, ne les approchez jamais, surtout pendant la période des naissances en été, où une mère dérangée peut abandonner son petit. À voir : le repos sur les bancs de sable, les têtes curieuses qui émergent. Accès : observation depuis Le Hourdel ou en sortie nature guidée.

10. La réserve naturelle de la Baie de Somme

Mollières et prés salés de la réserve naturelle nationale de la Baie de Somme, la Camargue du Nord

© 0x010C, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Pour finir, je vous emmène au cœur même de la baie sauvage. La réserve naturelle nationale de la Baie de Somme couvre plus de 3 400 hectares de vasières et de prés salés, créée le 21 mars 1994 et gérée par le Syndicat mixte Baie de Somme. On y a recensé plus de 300 espèces d’oiseaux, ce qui lui vaut son surnom de Camargue du Nord. C’est le domaine des mollières tapissées de salicorne, où paissent les moutons de pré-salé et où la lumière change à chaque heure de marée. À voir : les mollières et prés salés, les moutons de pré-salé, les grands ciels. Accès : sentiers au départ du Hourdel, de Saint-Valery et de la Maison de la Baie.

À emporter

Quand venir et comment profiter de la baie

Si je devais résumer, je vous dirais de venir à la mi-saison, de suivre les marées et de prendre votre temps. La Baie de Somme se mérite un peu : elle se découvre à pied dans le vent, jumelles au cou, entre une traversée encadrée, une matinée au Marquenterre et un coucher de soleil sur le quai de Saint-Valery. Ajoutez un tour en petit train à vapeur et une station devant les phoques du Hourdel, et vous tiendrez, je crois, le plus beau des week-ends picards. À très vite au bord de la baie.