Morgat, l’ancienne station balnéaire de la presqu’île de Crozon, vaut le détour pour ses célèbres grottes marines qu’on découvre en bateau ou en kayak, sa grande plage de sable abritée, la pointe sauvage du Kador et ses villas Belle Époque. Mon conseil de voyageuse : gardez-y au moins une demi-journée, à marée basse et par mer calme, pour profiter pleinement des grottes.
Situer les lieux
Les grottes marines, l’attraction phare
S’il y a une chose à faire à Morgat, c’est aller voir les grottes. La première fois que je m’y suis glissée en bateau, je ne m’attendais pas à ce que la roche prenne ces teintes ocre et rouge dès qu’on quitte la lumière du jour. Les vedettes partent du quai Kador pour une sortie d’environ 50 minutes le long des falaises de grès armoricain. Selon la marée et le coefficient, le bateau s’aventure plus ou moins loin dans les cavités : la grotte Sainte-Marine, la grotte de l’Autel, la grotte des Normands, la grotte de l’Éléphant sous la pointe de Rulianec, et le fameux ensemble surnommé les Appartements de Belzébuth. Certaines s’enfoncent sur près de 80 mètres dans la roche.

© Thesupermat, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons
Mon astuce préférée, c’est d’y aller autrement : en kayak ou en stand-up paddle depuis la plage, avec le centre nautique. On approche les rochers et les oiseaux sans les déranger, et selon la météo on file vers la grotte de l’Autel ou vers la grotte du Diable et sa cheminée. Sur le circuit, on découvre entre cinq et huit grottes. Et si vous espériez y aller à pied, sachez que seule la grotte Sainte-Marine se rejoint ainsi, et uniquement lors des grandes marées à basse mer. Dans tous les cas : visez une mer calme et la sortie du matin, la lumière y est plus douce.

Trois façons de découvrir les grottes de Morgat selon l’envie et la marée.
Outil
Les marées du jour à Morgat
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Utilisez les flèches pour les 7 prochains jours. Pour les grottes, visez une marée basse et une mer calme. Hauteurs Open-Meteo et coefficient estimé (régime de Brest) : indicatifs, à confirmer au SHOM pour la navigation.
La grande plage, le port et la plage d’à côté
C’est là que je pose ma serviette quand j’ai envie d’une journée sans histoire. La plage de Morgat s’étire sur près de 800 mètres, sable fin puis galets vers l’est. Orientée plein sud sur la baie de Douarnenez, elle est si bien abritée qu’on y oublie le large : familiale, à pente douce, baignade surveillée en saison. Juste à côté, le port de plaisance, protégé par sa jetée en arc de cercle, accueille club de plongée et école de voile. On a parfois du mal à l’imaginer, mais ce port fut d’abord sardinier : vers 1885, il armait environ 150 bateaux à la sardine, et les Brestois venaient déjà en bateau à vapeur passer la journée à Morgat pour voir les grottes.

© Louboutinj, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Mon bon plan quand la grande plage est bondée en plein été : filer à la plage du Portzic, juste à côté vers la pointe. Environ 400 mètres entièrement protégés par les falaises, plus confidentielle, avec une belle vue sur la baie et les grottes tout autour. On s’y sent un peu en avance sur les autres.

La pointe du Kador, le belvédère de Morgat
Au bout du quai, la pointe du Kador (Beg ar Kador) est l’éperon rocheux qui protège Morgat des tempêtes d’hiver. J’y monte toujours au moins une fois : la vue file sur toute la baie de Douarnenez et, en face, sur le Menez-Hom. À son pied se cachent deux des plus belles grottes, Sainte-Marine et l’Autel. On y croise aussi les vestiges d’une batterie et du fort du Kador, et les éboulis content leur histoire : l’arche naturelle de la pointe s’est effondrée en deux temps, une moitié au printemps 1977, le reste une nuit d’avril 1983.

© Pierre André Leclercq, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
C’est aussi d’ici que je commence ma plus belle marche : le GR34, l’ancien sentier des douaniers, part vers le sud par le bois du Kador et les falaises en direction du cap de la Chèvre. Comptez environ 2 à 3 heures pour rejoindre la pointe sud, entre landes, criques cachées et entrées de grottes que l’on devine d’en haut. Magique au coucher du soleil.
Les villas Belle Époque
Ce que peu de visiteurs prennent le temps de regarder, c’est l’architecture. La station est née en décembre 1883 d’une association entre le voyageur de commerce Louis Richard et l’industriel Armand Peugeot : les premières maisons et le premier hôtel sortent de terre dès 1885, et le Grand Hôtel de la Mer, signé Gaston Chabal, est inauguré en 1912. En remontant le boulevard de la Plage, levez les yeux sur les villas de villégiature.

© Michael Rapp, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons
Ma préférée, c’est la villa Ker ar Bruck (1889-1890), qu’on surnomme la villa de fer : son ossature, sa charpente et son bardage sont entièrement métalliques, oeuvre de l’architecte belge Joseph Danly. Elle est classée monument historique depuis 2004. On lui prête souvent une paternité de Gustave Eiffel, mais ce n’est pas confirmé : c’est bien Danly qui est documenté. Un détail qu’on ne voit nulle part ailleurs sur la presqu’île.
Prolonger la balade vers l’Aber
Si vous avez le temps, poussez à quelques kilomètres au sud, vers la plage de l’Aber (à environ 3 km du bourg). On y visite un four à chaux bien conservé, beau témoin du patrimoine industriel : on peut monter jusqu’au sommet et observer l’intérieur par une grille. Et à marée basse, depuis la plage, on rejoint à pied l’île de l’Aber et les ruines d’un fort du XIXe siècle juste en face. Un autre visage de Crozon, plus secret.
La plus belle lumière pour les photos arrive autour du lever et du coucher du soleil (la golden hour). Données Open-Meteo, indicatives.
Mes conseils pratiques
- Morgat est un quartier de Crozon, au bout de la presqu’île. On y vient en voiture.
- Parkings au port et à la plage. En juillet-août, le centre sature vite : arrivez tôt, c’est le secret pour ne pas tourner en rond.
- Ma saison préférée : mai-juin et septembre, quand les sorties bateau tournent encore mais sans la foule de l’été.
- Avant de réserver les grottes, vérifiez la météo (mer calme) et l’horaire des marées. Tout se joue là.
- Bonnes chaussures pour le GR34 vers le Kador et le cap de la Chèvre : ça grimpe et ça descend.
À emporter à Morgat