Dans les gorges du Verdon, l’essentiel tient en cinq secteurs qui ne se visitent pas le même jour. La rive droite, avec la Route des Crêtes (24 km, partie centrale à sens unique) et le Point Sublime à Rougon. La rive gauche, avec la Corniche Sublime, les Balcons de la Mescla et le pont de l’Artuby. Le lac de Sainte-Croix et le pont du Galetas, où l’on remonte dans le canyon en pédalo. L’amont, autour de Castellane et du lac de Castillon. Et les basses gorges de Quinson, avec leur musée de préhistoire. Le sentier Blanc-Martel (15 km, la journée entière avec la navette) reste la seule randonnée qui descende au fond du canyon. Comptez trois jours pour faire le tour sans courir.

J’ai fait le Verdon trois fois avant de comprendre pourquoi mes deux premiers séjours m’avaient laissée sur ma faim. Ce n’était pas le paysage. C’était ma façon de l’aborder : j’avais recopié un top 10 trouvé en ligne, et j’ai passé mes journées à rouler entre des lieux qui se regardent d’une rive à l’autre mais que sépare une heure de route. Cette page n’est donc pas une liste, c’est une carte : cinq secteurs, et sous chacun un tableau qui dit où se garer, combien de minutes de marche mènent au point de vue, et quand la route est ouverte. Le même exercice m’avait servi en Bretagne, avec ma carte de la presqu’île de Crozon.
Les trois “Verdon” que l’on confond en permanence
Les gorges du Verdon au sens strict, c’est le grand canyon : une entaille de calcaire ouverte entre Castellane et le pont du Galetas, au pied de parois verticales de près de 700 mètres selon le Parc naturel régional du Verdon, qui rappelle aussi que le site est classé depuis 1990 au titre de la loi sur les monuments naturels. Le lac de Sainte-Croix est un plan d’eau artificiel posé à la sortie du canyon : c’est là que l’on se baigne, pas dans les gorges. Les basses gorges de Quinson, plus au sud-ouest, forment un second canyon, bien plus discret.
Ces trois ensembles ne se touchent pas, et c’est toute la difficulté du séjour : entre le Point Sublime et le pont du Galetas, aucune route ne franchit le canyon. Passer de la rive droite à la rive gauche impose donc de le contourner, par le lac à l’ouest ou par Castellane à l’est, et les basses gorges se rejoignent encore plus au sud. Un même après-midi ne peut pas contenir un belvédère de la rive droite et une baignade dans les basses gorges.
Secteur 1. Rive droite : la Route des Crêtes et le Point Sublime

C’est le secteur le plus vertigineux, et le plus fréquenté. La base logistique est La Palud-sur-Verdon, un village de rien du tout qui vit au rythme des randonneurs et des grimpeurs.
1. Le Point Sublime, à Rougon
Si vous ne deviez faire qu’un belvédère, ce serait celui-là : il domine l’entrée du canyon, là où le Verdon s’engouffre dans le couloir Samson, et il donne l’échelle du lieu mieux que n’importe quelle photo. Le Parc y tient un point d’accueil officiel, sur la commune de Rougon, qui renseigne sur l’état des routes et des sentiers. Le stationnement est payant en saison et pensé pour la rotation : ce n’est pas l’endroit où laisser la voiture la journée.
2. Le couloir Samson, entrer dans le canyon sans être randonneur
C’est ma réponse préférée pour une visite en famille. Depuis le parking Samson, un sentier court descend au bord de la rivière et s’enfonce dans un tunnel taillé dans la roche : on marche dans le décor du Blanc-Martel sans en avoir les 15 kilomètres. Prenez une lampe, même pour ce bout-là. Et retenez ceci : la baignade est interdite par arrêté municipal sur les communes d’Aiguines, Castellane, Rougon et La Palud-sur-Verdon, c’est-à-dire sur toute la traversée du canyon. Les écogardes du Parc ajoutent une consigne qui vaut pour tout le monde : ne traversez pas la rivière, l’eau peut monter à tout instant à cause des lâchers de barrage.
3. Le belvédère de l’Escalès, sur la Route des Crêtes
La Route des Crêtes (D23) est une boucle de 24 kilomètres jalonnée d’une quinzaine de belvédères, chacun avec son petit parking à quelques mètres. Celui de l’Escalès regarde les plus hautes falaises des gorges, où l’on distingue les grimpeurs comme des fourmis : plus de 700 mètres de vide sous les pieds. Deux règles commandent la visite : la route est ouverte de fin mars à fin novembre et sa partie centrale est à sens unique, dans le sens des aiguilles d’une montre, de l’Auberge des Crêtes vers La Palud-sur-Verdon.

4. Le Chalet de la Maline et le départ du Blanc-Martel
Le chalet est posé sur la partie basse de la Route des Crêtes. Gîte, restaurant, et surtout départ du sentier Blanc-Martel. Un détail qui compte, et que l’office de tourisme met en garde noir sur blanc : l’eau qui arrive aux robinets du chalet n’est pas potable, on ne remplit pas ses gourdes là-haut. Pour y monter sans y laisser sa voiture, le Parc organise la navette Blanc-Martel, au départ d’une aire de stationnement dédiée à La Palud-sur-Verdon.
| Lieu | Parking | Marche depuis le parking | Saison praticable | Surveillance et durée conseillée |
|---|---|---|---|---|
| 1. Point Sublime (Rougon) | Point Sublime, payant en saison | 5 à 10 min, sentier facile | Toute l’année, D952 ouverte | Aucune surveillance. 30 à 45 min |
| 2. Couloir Samson | Samson, stationnement journée, payant en saison | 10 min jusqu’au premier tunnel | Toute l’année, hors crue et lâchers | Baignade interdite par arrêté municipal. 1 h à 2 h aller-retour |
| 3. Belvédère de l’Escalès (D23) | Petit parking de belvédère, tarif non publié | Moins de 2 min | Route ouverte de fin mars à fin novembre | Aucune surveillance. 15 à 20 min |
| 4. Chalet de la Maline | Navette, aire dédiée à La Palud-sur-Verdon | 0 min, le sentier part du chalet | Navette du 3 avril au 1er novembre selon les jours | Difficile, 15 km, la journée, déconseillé aux jeunes enfants |
Secteur 2. Rive gauche : la Corniche Sublime, plus large et plus calme
La rive gauche, côté Var, se parcourt par la D71 puis la D19. Les vues y sont moins plongeantes mais plus panoramiques, et la fréquentation nettement plus supportable en juillet.
5. Les Balcons de la Mescla
La Mescla, c’est le mot provençal pour le mélange : ici l’Artuby se jette dans le Verdon et le regard tombe droit sur la confluence, plusieurs centaines de mètres plus bas. Le belvédère est aménagé au bord de la route, avec une buvette qui n’a rien d’indispensable et une vue qui, elle, l’est.
6. Le pont de l’Artuby et son saut à l’élastique
Une arche de béton posée au-dessus du vide, et le plus haut pont d’Europe dédié au saut à l’élastique avec 182 mètres, selon Latitude Challenge, qui l’exploite. On peut très bien s’arrêter juste pour marcher sur le tablier. Pour ceux qui sautent, la réservation est obligatoire, le premier saut coûte 140 euros par personne, le rendez-vous se prend sur le pont le samedi entre 10 h et 12 h et le dimanche entre 9 h et 12 h, et l’exploitant prévient qu’il n’y a pas de paiement par carte bancaire là-haut.

7. La falaise des Cavaliers et le sentier de l’Imbut
Un balcon posé au-dessus du vide, un hôtel-restaurant accroché à la roche, et un parking qui sert de tête de sentier. C’est de là que descend le sentier de l’Imbut, celui où le Verdon disparaît sous les blocs. Plus technique que le Blanc-Martel, avec des passages câblés et la remontée par la brèche Imbert, il fait régulièrement l’objet d’arrêtés de fermeture : je ne m’y engage jamais sans avoir appelé l’office de tourisme le matin même.
8. Le col d’Illoire et le cirque de Vaumale
C’est la sortie ouest de la Corniche Sublime, et mon moment préféré de la journée rive gauche : après des kilomètres de falaises, la route bascule et le lac de Sainte-Croix apparaît d’un coup, turquoise, en contrebas. Le belvédère a été réaménagé dans le cadre du programme Grand Site porté par le Parc, qui associe sept communes des deux rives.
| Lieu | Parking | Marche depuis le parking | Saison praticable | Surveillance et durée conseillée |
|---|---|---|---|---|
| 5. Balcons de la Mescla | Bord de D71, tarif non publié | 2 à 5 min | Toute l’année, hors épisode neigeux | Aucune surveillance. 20 à 30 min |
| 6. Pont de l’Artuby | Bas-côtés de la D71, aux abords du pont | 2 min jusqu’au tablier | Tablier accessible toute l’année | Saut encadré, 140 € le premier saut, réservation obligatoire, samedi 10 h-12 h et dimanche 9 h-12 h |
| 7. Falaise des Cavaliers | Falaise des Cavaliers, tête du sentier de l’Imbut | 0 min pour la vue, la descente s’enchaîne | Arrêtés de fermeture fréquents, vérifier le matin même | Aucune surveillance. Très difficile, câbles, 5 à 6 h |
| 8. Col d’Illoire et cirque de Vaumale | Belvédère aménagé du col d’Illoire | 2 min | Toute l’année, hors épisode neigeux | Aucune surveillance. 20 min, superbe en fin de journée |
Secteur 3. Le lac de Sainte-Croix et le pont du Galetas

9. Le pont du Galetas et la remontée du canyon sur l’eau
C’est la plus belle heure à passer dans le Verdon, parce que l’on change complètement d’échelle. Les loueurs proposent pédalos, canoës et bateaux électriques ; les tarifs bougent chaque année, je préfère donc vous renvoyer aux loueurs sur place. Trois règles à connaître, toutes publiées par le Parc : les moteurs thermiques sont interdits sur la retenue, la remontée n’est autorisée que jusqu’à la limite matérialisée par des bouées jaunes, au-delà c’est un espace protégé pour l’apron du Rhône, et la navigation dans les gorges est interdite dès que le vent dépasse 28 km/h.
10. Les plages du lac de Sainte-Croix
Le lac est le seul endroit du Verdon où l’on se baigne vraiment. D’après le Parc naturel régional du Verdon, des zones de baignade surveillées sont ouvertes en juillet et en août à Sainte-Croix-du-Verdon, Bauduen, Les Salles-sur-Verdon et à la plage du Galetas, à Aiguines. Les sauts depuis les falaises et les ponts sont interdits, le gilet est obligatoire sur les canoës, kayaks et paddles, et le niveau du lac varie, ce qui fait apparaître des hauts-fonds non balisés. Je fais le même travail sur les plages surveillées du lac de Serre-Ponçon.
11. Moustiers-Sainte-Marie et son étoile
Moustiers est accroché à une brèche entre deux falaises, avec ses faïenceries et son étoile dorée suspendue au-dessus des toits, accrochée à une chaîne de 135 mètres. Au-dessus, la chapelle Notre-Dame de Beauvoir, à flanc de falaise depuis le XIIe siècle et classée Monument historique depuis 1921, se mérite : 262 marches jalonnées d’un chemin de croix. C’est là que les pèlerins venaient autrefois pratiquer les “suscitations”, un rituel censé ramener brièvement à la vie les enfants mort-nés pour les baptiser.

| Lieu | Parking | Marche depuis le parking | Saison praticable | Surveillance et durée conseillée |
|---|---|---|---|---|
| 9. Pont du Galetas | De part et d’autre du pont, tarif non publié | 5 min jusqu’à la plage | Location en saison, navigation interdite si vent > 28 km/h | Plage du Galetas surveillée en juillet et août. 2 h avec une location |
| 10. Plages du lac (Sainte-Croix-du-Verdon, Bauduen, Les Salles) | Parkings de village, tarif non publié | 2 à 10 min selon la plage | Moteurs thermiques interdits, sauts depuis falaises et ponts interdits | Zones surveillées en juillet et août. Une demi-journée |
| 11. Moustiers-Sainte-Marie | Périphérie du village, tarif non publié | 5 à 10 min, puis 262 marches jusqu’à la chapelle | Toute l’année | Aucune surveillance. 2 à 3 h avec la montée |
Secteur 4. L’amont : Castellane et le lac de Castillon
12. Castellane et le roc Notre-Dame du Roc
Castellane vit sous un énorme éperon calcaire couronné d’une chapelle. La montée se fait en lacets depuis le centre, et la récompense est une vue plongeante sur les toits et la vallée. C’est aussi le camp de base des prestataires de rafting et de canyoning, et le secteur où l’on trouve encore de la place en août.
13. Le lac de Castillon
Le grand oublié du Verdon, et c’est tant mieux. Créé en 1948 avec le barrage, long d’une dizaine de kilomètres, il est le premier lac en amont de la rivière. Le Parc y recense des plages surveillées en juillet et en août à Saint-André-les-Alpes, Saint-Julien-du-Verdon et Castellane, avec baignade, voile, canoë, pédalo, paddle et pêche. La navigation à moteur et à voile n’y est autorisée que du 1er mai au 31 octobre inclus, et hors zone de motonautisme la vitesse est limitée à 5 km/h.
| Lieu | Parking | Marche depuis le parking | Saison praticable | Surveillance et durée conseillée |
|---|---|---|---|---|
| 12. Castellane et le roc Notre-Dame du Roc | Centre de Castellane, tarif non publié | 30 à 40 min de montée jusqu’à la chapelle | Toute l’année | Aucune surveillance. 1 h 30 aller-retour |
| 13. Lac de Castillon | Plages de Saint-André, Saint-Julien et Castellane | 2 à 10 min | Navigation à moteur et à voile du 1er mai au 31 octobre | Plages surveillées en juillet et août. Une demi-journée |
Secteur 5. Les basses gorges de Quinson
14. Les basses gorges et le lac d’Esparron
Au sud-ouest du lac de Sainte-Croix, le Verdon recreuse un canyon plus étroit et presque intime, que l’on découvre en bateau électrique ou en canoë depuis Quinson ou Esparron-de-Verdon. Les moteurs thermiques y sont interdits et la vitesse est limitée à 9 km/h, ce qui rend le silence surprenant. Pour les gorges de Baudinard, en amont, le Parc précise que la navigation s’arrête à la barrière flottante et que la baignade et le stand-up paddle y sont interdits : l’eau, prise au fond du lac de Sainte-Croix, reste à 8 °C même en plein été, avec un vrai risque d’hydrocution.
15. Le musée de préhistoire des gorges du Verdon
À Quinson, c’est la meilleure réponse à la question “que faire dans le Verdon quand il pleut”. Un million d’années d’histoire humaine en Provence, dans un bâtiment de Norman Foster à demi enterré dans la colline, avec un Préhistosite de cinq habitats reconstitués et un dolmen. La grotte de la Baume Bonne, occupée depuis 400 000 ans, se visite à part : randonnée accompagnée de 3 h 30 aller-retour, à partir de 7 ans, réservation obligatoire par téléphone. Pour le musée, plein tarif 8 euros, réduit 6 euros, forfait famille 22 euros, gratuit pour les moins de 6 ans. Ouvert de février à mi-décembre, fermé le mardi sauf pendant les vacances de la zone B et en juillet-août.
| Lieu | Parking | Marche depuis le parking | Saison praticable | Surveillance et durée conseillée |
|---|---|---|---|---|
| 14. Basses gorges et lac d’Esparron | Quinson et Esparron-de-Verdon, tarif non publié | 5 min jusqu’aux embarcadères | Location en saison, moteurs thermiques interdits, 9 km/h | Baignade et paddle interdits à Baudinard. 2 à 3 h |
| 15. Musée de préhistoire (Quinson) | Parking municipal payant du 1er avril au 31 octobre | 2 min | Février à mi-décembre, fermé le mardi hors vacances zone B et juillet-août | 8 € plein tarif. 2 à 3 h avec le Préhistosite |
Deux journées prêtes à suivre, dans l’ordre réel de conduite
Voici comment j’organise deux journées sans jamais faire demi-tour. Les durées indiquées sont des temps de route entre deux arrêts, hors bouchons de fin juillet.
Randonner dans les gorges : Blanc-Martel, Imbut, Bastidon
Le sentier Blanc-Martel porte le nom des deux hommes qui ont réalisé la première exploration intégrale du canyon, en 1905 : Édouard-Alfred Martel, fondateur de la spéléologie moderne, et Isidore Blanc, instituteur à Rougon. Le tracé lui-même a été inauguré en 1928 par le Touring club de France, avec pour ouvrage le plus audacieux les échelles de la brèche Imbert. C’est aujourd’hui un aller simple de 15 kilomètres et 600 mètres de dénivelé positif, du Chalet de la Maline au Point Sublime : le Parc compte environ 5 h 30 de marche sans pause, et sept heures pour la journée quand on prend la navette. Il classe la randonnée difficile, la déconseille aux jeunes enfants et aux personnes sujettes au vertige, et l’interdit aux chiens et aux VTT à cause des passages équipés d’échelles. On le fait dans le sens Maline vers Point Sublime, celui que dessert la navette.
La navette du Parc simplifie justement la logistique : un aller le matin depuis La Palud vers le Chalet de la Maline, un retour l’après-midi depuis le Point Sublime, 8,50 euros l’aller-retour adulte, 5,50 euros pour les moins de 12 ans, 4,50 euros le trajet simple, réservation en ligne obligatoire. En 2026, elle circule du vendredi au dimanche ainsi que les jours fériés et les ponts du 3 avril au 28 juin, tous les jours du 29 juin au 13 septembre, puis de nouveau en week-end du 18 septembre au 1er novembre. À côté, le sentier de l’Imbut est plus court mais bien plus engagé et souvent fermé par arrêté ; le sentier du Bastidon, en balcon, offre une alternative moins technique.
À emporter
Le Verdon dans l’eau : pédalo, canoë, rafting et canyoning
Trois pratiques cohabitent, et pas au même endroit : la location de pédalos, canoës et bateaux électriques au pont du Galetas, sans niveau requis ; le rafting, l’hydrospeed et la randonnée aquatique sur la rivière en amont, autour de Castellane ; le canyoning encadré dans les affluents. La question qui décide de tout, et que personne ne pose, c’est le niveau d’eau. Le Verdon porte cinq grandes retenues, dont la première, Castillon, a été mise en eau en 1948. Leurs turbines peuvent démarrer automatiquement à tout moment, en lien avec la gestion du réseau électrique, et créer des courants qui mettent en difficulté embarcations et baigneurs, avertit le Parc. Un prestataire sérieux vous parlera des lâchers avant de vous parler du prix.
Où poser ses valises : les villages du Verdon
- La Palud-sur-Verdon, base des randonneurs et des grimpeurs, seul village d’où part la navette Blanc-Martel.
- Moustiers-Sainte-Marie, le plus beau et le mieux équipé, avec le lac à dix minutes.
- Aiguines et son château à tourelles de tuiles vernissées, qui commande la Corniche Sublime.
- Castellane, camp de base de l’eau vive, et Rougon, minuscule et perché, à deux pas du Point Sublime.
- Trigance et son château, puis Bauduen, Les Salles-sur-Verdon et Sainte-Croix-du-Verdon, les pieds dans le lac.
Le choix se fait moins sur le charme que sur la rive : dormir à Moustiers pour visiter la Corniche Sublime, c’est ajouter deux fois une heure de route par jour. Sur trois jours, ma formule préférée reste deux nuits en rive droite, puis une nuit en rive gauche, à Aiguines ou à Trigance.
Quand venir, et ce qui ferme quand
La contrainte majeure est la Route des Crêtes, ouverte de fin mars à fin novembre : le gel est fréquent en hiver et la route est très pentue, souvent sans barrière. Seule sa partie centrale ferme, du belvédère du Pas de la Baou au Chalet de la Maline ; le reste, les belvédères de Trescaïre, de la Carelle et de la Dent d’Aire, demeure accessible toute l’année en aller-retour. La navette Blanc-Martel suit à peu près le même calendrier, et sur les lacs de Sainte-Croix et de Castillon la surveillance des plages se limite à juillet et août. Le musée de Quinson, lui, tourne de février à mi-décembre : c’est la valeur sûre des jours de pluie. Ma période préférée est la deuxième quinzaine de septembre, quand les routes sont encore ouvertes et les belvédères rendus au silence. À l’inverse, l’office de tourisme situe la forte fréquentation du 15 juillet au 30 août, avec une seule parade efficace : rouler avant 10 h ou après 18 h.
La plus belle lumière pour les photos arrive autour du lever et du coucher du soleil (la golden hour). Données Open-Meteo, indicatives.
Questions fréquentes sur les gorges du Verdon
Quel est le plus beau point de vue des gorges du Verdon ?
Le Point Sublime, à Rougon, reste le plus impressionnant parce qu’il donne l’échelle du canyon d’un seul regard. Pour la sensation de vide pure, allez au belvédère de l’Escalès sur la Route des Crêtes, face aux plus hautes falaises des gorges. Pour le contraste entre falaise et eau turquoise, c’est le col d’Illoire qui gagne. Je décris le même jeu de belvédères avec les points de vue du lac du Bourget.
Combien de temps faut-il pour visiter les gorges du Verdon ?
Une journée permet de faire une seule rive, deux jours les deux rives et le lac, trois jours d’ajouter une randonnée ou une demi-journée sur l’eau. En dessous de deux jours, il faut choisir : la rive droite pour le vertige, le lac de Sainte-Croix si vous venez avec des enfants.
Peut-on faire le tour des gorges en voiture, et dans quel sens ?
Oui, la boucle par les deux rives se fait en voiture, mais comptez la journée : aucune route ne franchit le canyon entre le pont du Galetas et le Point Sublime, il faut donc le contourner. Le seul sens imposé concerne la Route des Crêtes, dont la partie centrale est à sens unique, de l’Auberge des Crêtes vers La Palud-sur-Verdon. La boucle des 24 kilomètres demande à elle seule une heure et demie à trois heures avec les arrêts aux belvédères.
Où se baigner dans les gorges du Verdon ?
Pas dans le canyon : la baignade y est interdite par arrêté municipal sur les communes d’Aiguines, Castellane, Rougon et La Palud-sur-Verdon. On se baigne sur le lac de Sainte-Croix, où des zones surveillées ouvrent en juillet et août à Sainte-Croix-du-Verdon, Bauduen, Les Salles-sur-Verdon et à la plage du Galetas, et sur le lac de Castillon, à Saint-André-les-Alpes, Saint-Julien-du-Verdon et Castellane.
Que faire dans les gorges du Verdon quand il pleut ou hors saison ?
Le musée de préhistoire des gorges du Verdon à Quinson, ouvert de février à mi-décembre, est la meilleure option couverte. Ajoutez les faïenceries de Moustiers-Sainte-Marie et les villages perchés d’Aiguines et de Trigance. En hiver, seule la partie centrale de la Route des Crêtes ferme : les belvédères de Trescaïre, de la Carelle et de la Dent d’Aire restent accessibles en aller-retour depuis La Palud, comme le Point Sublime et toute la rive gauche.
Que faire dans les gorges du Verdon avec des enfants ?
Le couloir Samson est la meilleure entrée dans le canyon pour de jeunes marcheurs : moins de deux heures, peu de dénivelé, et un vrai tunnel à traverser avec la lampe. Ajoutez le pédalo au pont du Galetas, une plage surveillée du lac en juillet ou août, et le Préhistosite de Quinson. Le Blanc-Martel, lui, est déconseillé aux jeunes enfants par le Parc.
Guide écrit par Margaux, mis à jour en août 2026. Horaires, tarifs, périodes et règlements proviennent des sources officielles du territoire : Parc naturel régional du Verdon (pages navigation et sécurité sur les lacs, conseils des écogardes, navette et sentier Blanc-Martel, Grand Site), Verdon Tourisme pour la Route des Crêtes, office de tourisme de Moustiers-Sainte-Marie, musée de préhistoire des gorges du Verdon et Latitude Challenge pour le saut du pont de l’Artuby. Ils changent d’une saison à l’autre : vérifiez auprès du gestionnaire avant de partir.