Gorges du Verdon

Grottes des gorges du Verdon : lesquelles se visitent vraiment

© Rémi Jouan, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Une seule grotte des gorges du Verdon se visite avec un guide et un billet : la grotte préhistorique de la Baume Bonne, au-dessus de Quinson, sur réservation au Musée de préhistoire des gorges du Verdon. Tout le reste relève d’une autre logique : le vallon de Saint-Maurin et la Baume aux Pigeons sont des abris sous roche en accès libre le long des sentiers, les cavités des gorges de Baudinard et la grotte d’Esparron ne s’approchent que par l’eau et il est interdit d’y pénétrer, et les célèbres grottes de Villecroze sont dans le Haut-Var, à une soixantaine de kilomètres de route du canyon. Le tableau ci-dessous trie les neuf lieux par statut d’accès, avec le tarif, la saison, le parking et le temps de marche.

Je suis arrivée dans le Verdon avec une idée fausse en tête, celle que tout le monde traîne : que les gorges cachaient un réseau de grottes aménagées, avec caisse, éclairage et rampe. Il m’a fallu deux séjours pour comprendre que la réalité est plus intéressante que ça. Le Verdon n’est pas un pays de grottes touristiques, c’est un pays de baumes : des abris sous roche ouverts, des porches, des voûtes de tuf, des cavités que l’on longe sans y entrer. Et une exception, une seule, qui se réserve par téléphone.

Cet article est écrit pour vous éviter les deux erreurs que répètent la plupart des guides en ligne : confondre le Haut-Var avec les gorges, et vous laisser croire que vous pouvez entrer dans une cavité qui est en réalité fermée par une grille et protégée pour les chauves-souris.

Carte schématique des grottes des gorges du Verdon, de la Baume aux Pigeons à la Baume Bonne
Les huit lieux situés dans le Verdon, d’est en ouest le long de la rivière. Les numéros renvoient aux lignes du tableau.

Le tableau d’accès : qui se visite, qui ne se visite pas

Quatre statuts suffisent à classer tout ce que le web appelle « grotte des gorges du Verdon ». Visite guidée billettée : vous réservez, vous payez, un médiateur vous accompagne. Accès libre à pied : la cavité est sur un sentier public, l’entrée est gratuite, personne ne vous attend. Accès par l’eau : on ne s’en approche qu’en canoë, en kayak ou en bateau électrique, et la pénétration à l’intérieur est interdite. Fermé ou hors gorges : le lieu est inaccessible, ou bien il n’est tout simplement pas dans le Verdon.

LieuCommuneStatut d’accèsTarifSaisonMarche depuis le parkingParking
1Baume aux PigeonsRougon (04)Accès libre à pied, sur le sentier Blanc-MartelGratuitSentier praticable de la fonte des neiges à l’automneSur le tracé du sentier : une journée complète, 15 à 16 km en aller simplePoint Sublime, payant en saison
2Tunnels du Baou et de TrescaïreRougon et La Palud-sur-Verdon (04)Traversée souterraine, accès libre à piedGratuitNavette du Parc du 3 avril au 1er novembre 2026Sur le tracé du sentier Blanc-Martel, 5 h 30 à 6 h de marcheLa Maline et Point Sublime
3Grotte et vallon de Saint-MaurinLa Palud-sur-Verdon (04)Accès libre à pied, réserve naturelle régionaleGratuitToute l’annéeQuelques minutes depuis la D952 : la plus grande cascade est visible de la routeBas-côtés de la D952, places limitées
4Baume aux Bœufs, sentier de l’ImbutAiguines (83)Fermé par arrêté municipal depuis le 5 juillet 2022Sans objetSans objetSans objetSans objet
5Entrée des gorges au pont du GaletasAiguines (83) et Moustiers-Sainte-Marie (04)Accès par l’eau, jusqu’à la limite de bouées jaunesLocation de pédalo, canoë ou bateau électriqueSaison de navigation : gorges fermées si le vent dépasse 28 km/hEmbarquement au pied du pontParkings du Galetas
6Cavités des gorges de BaudinardBaudinard-sur-Verdon (83) et Quinson (04)Accès par l’eau, pénétration interdite (chauves-souris)Location de canoë, kayak ou pédaloProtection toute l’année, location en saisonEmbarquement aux bases nautiques de Quinson ou d’EsparronParkings des bases nautiques
7Grotte d’EsparronEsparron-de-Verdon (04)Interdite : bouées et grille protègent l’entréeLocation d’embarcation pour l’approcheInterdiction permanenteEmbarquement au port d’EsparronParkings du village
8Grotte préhistorique de la Baume BonneQuinson (04)Visite guidée billettée, réservation obligatoire5,00 € adulte et 4,00 € enfant dès 7 ans (billetterie du musée)Programmée du 5 juillet au 30 août 2026, les lundis, mercredis et dimanches, rendez-vous à 7 h 451 h 15 de montée depuis le musée, 3,5 km et 200 m de déniveléMusée de préhistoire, route de Montmeyan ; parking municipal payant en saison
9Grottes troglodytiques de VillecrozeVillecroze (83), hors gorges, à une soixantaine de km du Point SublimeVisite billettée, uniquement sur réservation5 € pour tous à partir de 6 ansOuverture saisonnière, créneaux publiés sur la billetterie en ligneQuelques minutes depuis le parc municipalAu pied du parc municipal, dans le village

Le grand canyon : des baumes, des tunnels, aucune grotte aménagée

C’est le secteur que tout le monde a en tête en tapant « grottes des gorges du Verdon », et c’est précisément celui où l’on ne visite aucune grotte au sens classique du terme. Ce que l’on y trouve, ce sont des baumes, mot provençal qui désigne un abri sous roche, et deux tunnels percés à la main au début du vingtième siècle pour permettre l’exploration du canyon.

1. La Baume aux Pigeons, sur le sentier Blanc-Martel

La Baume aux Pigeons est un vaste porche que le sentier Blanc-Martel longe, du côté du Point Sublime et du couloir Samson. Elle ne se réserve pas, elle ne s’éclaire pas, elle se traverse. C’est exactement pour cela qu’elle vaut le détour : vous marchez au fond du plus grand canyon d’Europe et la paroi s’ouvre au-dessus de vous sans que personne ait rien aménagé.

Le seul accès raisonnable reste le sentier lui-même. C’est une randonnée d’une journée complète, en aller simple, que l’on ne bricole pas au dernier moment.

2. Les tunnels du Baou et de Trescaïre, la vraie traversée souterraine du Verdon

Escalier menant à l'entrée du tunnel du Baou sur le sentier Blanc-Martel, gorges du Verdon
L’escalier qui mène à l’entrée du tunnel du Baou, sur le sentier Blanc-Martel.
© Ivan Ruggiero, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Si vous cherchez la sensation d’entrer sous la montagne dans le Verdon, c’est ici qu’elle se trouve, et nulle part ailleurs. Le sentier Blanc-Martel traverse deux tunnels, dont le tunnel du Baou qui fait 670 mètres selon l’office de tourisme du Verdon, le second étant nettement plus court, de l’ordre d’une centaine de mètres. Dans le grand tunnel, la lumière disparaît complètement sur une bonne partie du parcours.

Le sentier est un aller simple entre le chalet de la Maline, à La Palud-sur-Verdon, et le Point Sublime, à Rougon. La fiche du Parc naturel régional du Verdon annonce 15 kilomètres et environ 5 h 30 de marche sans pause pour 600 mètres de dénivelé positif, l’office de tourisme parle plutôt de 16 kilomètres et 6 heures. Comptez la journée. Le sens conseillé est la Maline vers le Point Sublime, et la navette du Parc est organisée dans ce sens : en 2026 elle circule du vendredi au dimanche et les jours fériés du 3 avril au 28 juin puis du 18 septembre au 1er novembre, et tous les jours du 29 juin au 13 septembre.

Autre morceau du parcours qui impressionne autant que les tunnels : les échelles de la brèche Imbert, plus de 250 marches suspendues dans la paroi. Ce n’est pas une grotte, mais c’est le passage dont tout le monde parle en rentrant.

3. Le vallon et les grottes de Saint-Maurin, la seule cavité visible depuis la route

Cascade de tuf et parois de la réserve naturelle régionale de Saint-Maurin, La Palud-sur-Verdon
Les travertins de la réserve naturelle régionale de Saint-Maurin, à La Palud-sur-Verdon.
© Reinhard Kraasch, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Saint-Maurin est mon coup de cœur du secteur, et c’est le seul endroit du Verdon où vous verrez de vraies concrétions sans payer et sans marcher trois heures. Le site, une vingtaine d’hectares en rive droite du Verdon, est classé réserve naturelle régionale depuis le 30 octobre 2009. Il doit sa forme aux travertins, ces tufs qui se forment quand le carbonate de calcium libéré par les sources précipite au contact de l’air : la roche se construit sous vos yeux, en couches, autour des mousses.

De nombreuses exsurgences sortent de la falaise en cascades, et la plus imposante est visible depuis la route départementale 952. Le vallon n’est pas seulement géologique : l’occupation humaine pourrait y remonter au cinquième siècle, en lien avec l’abbaye de Lérins, et les fouilles récentes ont dégagé des bâtiments médiévaux échelonnés de la fin du sixième au treizième siècle, dont deux chapelles, de l’habitat et de vastes zones de cimetière. L’accès est libre et gratuit toute l’année.

4. La Baume aux Bœufs et le sentier de l’Imbut : fermés, et il faut le dire

Plusieurs guides en ligne continuent de vendre le sentier de l’Imbut et le Styx du Verdon comme le secret le mieux gardé du canyon, avec la Baume aux Bœufs en point d’orgue. Ils oublient une information décisive : l’office de tourisme du Verdon indique que le sentier de l’Imbut est fermé par arrêté municipal depuis le 5 juillet 2022.

Je le mentionne parce qu’un lecteur qui prépare sa journée à partir d’un article de 2019 va rouler jusqu’à Aiguines pour trouver une barrière. Renseignez-vous auprès de la mairie ou de l’office de tourisme avant d’inclure ce secteur dans votre programme : un arrêté peut être levé comme il peut être reconduit.

Le lac de Sainte-Croix et le pont du Galetas : entrer dans les gorges par l’eau

5. Le pont du Galetas, la porte d’eau du canyon

C’est l’image que tout le monde a vue : des pédalos qui remontent une eau turquoise entre deux parois verticales. La remontée depuis le pont du Galetas est bien réelle, elle est magnifique, et elle est encadrée. Le Parc naturel régional du Verdon est explicite : la remontée dans les gorges au-delà du pont du Galetas n’est autorisée que jusqu’à la limite de navigation matérialisée par des bouées jaunes. Au-delà, c’est un espace naturel protégé pour préserver l’Apron du Rhône, un poisson en danger d’extinction.

Ce que vous croiserez là-haut, ce sont des anfractuosités et des surplombs dans la falaise, pas des grottes visitables. Personne ne débarque, personne n’entre.

Si votre journée mêle baignade et navigation, sachez que des zones de baignade surveillées sont ouvertes en juillet et août sur les communes de Sainte-Croix-du-Verdon, Bauduen, Les Salles-sur-Verdon et à la plage du Galetas, à Aiguines. Le réflexe vaut partout : sur un lac de barrage, on se baigne là où c’est surveillé, comme je le raconte pour les plages du lac de Serre-Ponçon.

Les basses gorges : Baudinard, Esparron et la seule grotte qui se réserve

En aval du barrage de Sainte-Croix, le Verdon se resserre à nouveau dans les basses gorges, entre Baudinard, Esparron et Quinson. C’est un tout autre paysage : moins spectaculaire vu d’en haut, beaucoup plus mystérieux vu d’en bas. Et c’est ici, statistiquement, que se trouvent les vraies cavités du Verdon.

6. Les cavités des gorges de Baudinard, à approcher sans y entrer

Les gorges de Baudinard se remontent en canoë, en kayak ou en pédalo depuis les bases nautiques de la retenue de Quinson. Les moteurs thermiques y sont interdits, seules les embarcations électriques limitées à 18,4 kW sont admises. La navigation n’est autorisée que jusqu’à la barrière flottante, et les trois bouées situées en amont délimitent la zone de retournement. L’accostage, l’embarquement et le débarquement depuis les berges sont interdits.

Voici le point que personne n’écrit, alors qu’il est noir sur blanc chez le Parc : toute l’année, les cavités souterraines de ces gorges hébergent une population de chauves-souris très rares en France et sensibles au dérangement. On ne pénètre pas dans ces grottes. On s’en approche, on regarde, on repart. C’est aussi ce qui rend le passage aussi silencieux.

7. La grotte d’Esparron, fermée par une grille

Celle-là, on la trouve souvent présentée comme une curiosité à explorer en kayak. C’est faux, et c’est écrit sur le site du Parc naturel régional du Verdon : l’accès à la grotte d’Esparron et le franchissement des bouées ou de la grille qui protègent l’entrée sont interdits. Vous pouvez vous approcher pour lire les panneaux, à condition de ne pas faire de bruit et de ne pas utiliser d’enceinte portative.

La raison est la même qu’à Baudinard : des colonies de chauves-souris et des rapaces qui nichent en falaise. La consigne générale du Parc pour tout le secteur est limpide : ne pénétrons pas dans les grottes et les baumes, évitons le bruit.

8. La grotte de la Baume Bonne, la seule visite guidée du Verdon

Grotte préhistorique de la Baume Bonne à Quinson, site archéologique classé monument historique
La grotte de la Baume Bonne, au-dessus de Quinson : 400 000 ans d’occupation humaine, classée monument historique.
© Service communication du Conseil général des Alpes-de-Haute-Provence, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons

Si vous ne retenez qu’un lieu de cet article, retenez celui-ci. La Baume Bonne est une grotte préhistorique classée monument historique, ouverte sur la garrigue au-dessus de Quinson, et c’est le seul site souterrain du Verdon que l’on visite avec un médiateur et un billet. Les hommes y sont entrés pendant 400 000 ans, et on y a mis au jour certains des plus anciens aménagements d’habitat en grotte connus au monde. Les campagnes de fouilles y ont été conduites par Henry de Lumley, Jean Gagnepain et Claire Gaillard.

La visite n’est pas une promenade. Le musée l’annonce clairement : la grotte est à 1 h 15 de marche du Musée de préhistoire des gorges du Verdon, la sortie dure 3 h 30 dont 2 h 30 de marche aller-retour, et le sentier fait 3,5 kilomètres pour 200 mètres de dénivelé. Il est décrit comme pentu mais accessible au plus grand nombre, avec un niveau de difficulté annoncé à 4 sur 5. Chaussures de marche et eau sont indispensables, et la sortie est ouverte à partir de 7 ans.

La sortie est annoncée par le musée comme un temps fort estival, « Objectif Baume Bonne », du 5 juillet au 30 août. Hors de cette fenêtre, il faut appeler pour savoir ce qui est programmé. Le musée lui-même est un excellent plan B, ou un excellent complément : ouvert de 10 h à 20 h en juillet et août, de 10 h à 19 h d’avril à juin et en septembre, de 10 h à 18 h en février, mars, octobre et jusqu’à la mi-décembre, fermé le mardi hors vacances de la zone B et hors juillet-août. Les caisses ferment une heure avant le musée.

À emporter

Hors des gorges : les deux faux amis à connaître

Voici l’erreur qui traverse à peu près tous les articles sur le sujet. Deux grottes très photogéniques sont systématiquement présentées comme des grottes des gorges du Verdon. Aucune des deux n’est dans les gorges.

9. Les grottes troglodytiques de Villecroze, dans le Haut-Var

Parc, falaise de tuf, cascade et grottes troglodytiques fortifiées de Villecroze dans le Var
Le parc, la cascade et les grottes troglodytiques fortifiées de Villecroze, dans le Haut-Var.
© François de Dijon, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Elles méritent la visite, mais elles ne sont pas dans le canyon : j’ai calculé le trajet, il faut compter une soixantaine de kilomètres de route entre Villecroze et le Point Sublime, soit un peu plus d’une heure de conduite. On les visite pour elles-mêmes, pas comme étape d’une journée dans les gorges.

Les grottes sont nichées dans une falaise de tuf, au-dessus du parc municipal et de sa cascade. Elles se sont formées par calcification lente de la végétation sous une immense cascade calcaire. Elles appartenaient aux moines bénédictins de l’abbaye Saint-Victor de Marseille, qui s’y réfugiaient lors des razzias sarrasines du dixième siècle. En 1566, ils les échangèrent avec le seigneur de la vallée, Nicolas d’Albertas : c’est lui qui les a fortifiées, pendant les guerres de religion. Détail que la plupart des articles ratent : il n’y a jamais eu de siège, et personne n’a jamais vécu en permanence dans ces grottes. La commune en est propriétaire depuis 1633, et le site est classé depuis 1924 sur la liste des sites et monuments naturels à caractère artistique.

Les conditions pratiques sont strictes et mieux vaut les connaître avant de faire la route. Le tarif est de 5 euros pour tous à partir de six ans, la visite se fait uniquement sur réservation via la billetterie officielle des grottes de Villecroze, et il est conseillé de réserver 24 heures à l’avance. Le site n’est pas accessible aux moins de six ans pour des raisons de sécurité, ni aux personnes à mobilité réduite, ni aux animaux, et les porte-bébés y sont interdits. Des chaussures confortables et fermées sont obligatoires, et le paiement en ligne se fait par carte Mastercard. On se gare dans le village, au pied du parc municipal.

La Baume Obscure, qui n’est même pas dans le même département

La grotte de la Baume Obscure revient régulièrement dans les listes de « grottes du Verdon ». Elle se trouve à Saint-Vallier-de-Thiey, dans les Alpes-Maritimes, à environ 70 kilomètres de route du Point Sublime, de l’autre côté du pays de Grasse. C’est une belle grotte aménagée, mais elle n’a rien à voir avec le Verdon : si vous partez de Moustiers-Sainte-Marie ou de La Palud pour la journée, vous allez passer votre temps sur la route.

Sécurité et réglementation : ce qui gouverne vraiment la visite

Le Verdon est un canyon de barrages. C’est la première chose à intégrer, avant même de choisir une cavité. Le niveau de l’eau peut varier rapidement en fonction des lâchers des barrages situés en amont, et le Parc le rappelle explicitement pour le sentier Blanc-Martel. Ne vous installez jamais sur une plage de galets au bord de la rivière en pensant que le niveau restera où il est.

  • Les tunnels. Lampe obligatoire sur le sentier Blanc-Martel : le tunnel du Baou fait 670 mètres et il y fait nuit noire.
  • Les chauves-souris. Les cavités des basses gorges abritent toute l’année des populations très rares en France et sensibles au dérangement. La consigne du Parc est de ne pas pénétrer dans les grottes et les baumes, de ne pas faire de bruit et de ne pas utiliser d’enceintes portatives.
  • La grotte d’Esparron. L’entrée est protégée par des bouées et une grille dont le franchissement est interdit.
  • Les fermetures administratives. Le sentier de l’Imbut est fermé par arrêté municipal depuis le 5 juillet 2022, selon l’office de tourisme du Verdon.
  • La spéléologie. Le Verdon n’est pas un terrain d’exploration libre. Entre la protection des chauves-souris, les arrêtés de fermeture et le caractère technique des cavités, la seule voie raisonnable passe par un professionnel diplômé, jamais par une entrée improvisée.

Vous trouverez le détail des règles de navigation, secteur par secteur, sur la page de navigation du Parc naturel régional du Verdon pour le lac d’Esparron, qui est la source la plus claire que j’aie trouvée sur les basses gorges.

Questions fréquentes sur les grottes des gorges du Verdon

Peut-on visiter des grottes dans les gorges du Verdon ?

Une seule se visite avec un guide et un billet : la grotte préhistorique de la Baume Bonne, à Quinson, sur réservation au Musée de préhistoire des gorges du Verdon. Les autres cavités relèvent soit de l’abri sous roche en accès libre sur un sentier, soit de l’approche par l’eau sans droit d’entrer, soit de la fermeture pure et simple.

Où se trouve la grotte de la Baume Bonne et comment la visiter ?

Elle est sur les hauteurs de Quinson, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Le rendez-vous se prend au Musée de préhistoire des gorges du Verdon, route de Montmeyan à Quinson, et la réservation est obligatoire au 04 92 74 09 59. Comptez 3 h 30 sur place, dont 2 h 30 de marche aller-retour sur 3,5 kilomètres et 200 mètres de dénivelé, à partir de 7 ans.

Comment accéder à la grotte de Saint-Maurin ?

L’accès est libre et gratuit toute l’année, à La Palud-sur-Verdon. Le site est une réserve naturelle régionale et la plus grande cascade de tuf est visible depuis la départementale 952. On circule à pied sur les sentiers balisés uniquement, sans camping, sans baignade et sans cueillette, et les gestionnaires recommandent de s’y faire accompagner par un professionnel : renseignez-vous à la Maison des Gorges, au château de La Palud-sur-Verdon.

Les grottes de Villecroze sont-elles dans les gorges du Verdon ?

Non. Villecroze est dans le Haut-Var, à une soixantaine de kilomètres de route du Point Sublime, soit un peu plus d’une heure de trajet. Le tarif y est de 5 euros pour tous à partir de six ans, uniquement sur réservation, avec chaussures fermées obligatoires et accès refusé aux moins de six ans.

Peut-on entrer dans les grottes en canoë ou en pédalo depuis le lac de Sainte-Croix ?

On remonte les gorges depuis le pont du Galetas, mais seulement jusqu’à la limite matérialisée par des bouées jaunes, au-delà de laquelle commence un espace protégé pour l’Apron du Rhône. Aucune grotte ne s’y visite. Dans les basses gorges de Baudinard, l’approche en kayak est possible mais la pénétration dans les cavités est interdite pour protéger les chauves-souris, et l’accostage depuis les berges l’est également.

Faut-il une lampe pour traverser les tunnels du sentier Blanc-Martel ?

Oui, et elle figure sur la liste d’équipement officielle du Parc du Verdon, au même titre que les chaussures de randonnée et les 3 litres d’eau par personne. Le tunnel du Baou fait 670 mètres et la lumière y disparaît complètement. Une frontale vaut mieux qu’un téléphone : vous aurez besoin de vos deux mains.

Quelle grotte du Verdon visiter avec des enfants ?

Le vallon de Saint-Maurin est le plus simple : accès libre, courte distance depuis la route, cascades de tuf spectaculaires. La Baume Bonne est possible à partir de 7 ans mais demande 2 h 30 de marche en plein soleil. Villecroze est interdit aux moins de six ans. Et si vos enfants aiment les cavités vues depuis l’eau, l’esprit est le même que dans les grottes marines de Morgat, en Bretagne : on entre par bateau et on n’y met pas les pieds.

Peut-on faire de la spéléologie dans les gorges du Verdon ?

Pas en autonomie improvisée. Le Parc demande de ne pas pénétrer dans les grottes et les baumes pour ne pas déranger les chauves-souris et les rapaces qui nichent en falaise, plusieurs cavités sont protégées par des grilles et des bouées, et le terrain est technique. Passez par un professionnel diplômé, qui saura où l’encadrement est possible et à quelle période.

Ce que j’aime dans le Verdon, au fond, c’est justement qu’il résiste au format grotte aménagée. Il n’y a pas de queue, pas de son et lumière, pas de boutique à la sortie. Il y a une grotte préhistorique que l’on gagne après une heure de montée dans la garrigue, un vallon de tuf où l’eau fabrique la roche, deux tunnels où l’on marche à la lampe, et des cavités que l’on regarde depuis un kayak sans y entrer parce que d’autres y vivent. C’est moins pratique. C’est infiniment plus beau.

Si vous aimez ce découpage par secteur, avec les accès et les parkings posés noir sur blanc, j’ai construit la même chose pour la Bretagne dans ma carte de la presqu’île de Crozon.